dimanche 9 septembre 2018

La Mort d'Adonis, Martin de Vos

Le lien entre le peintre Martin de Vos et Jean Genet n'est pas immédiat. Ce peintre flamand, né à Anvers en 1532 et mort dans la même ville en 1603, a pourtant inspiré Marie Françoise Genet, la tante de Jean Genet, l'épouse de Martin Van Maele, au moment de se choisir un pseudonyme. C'est sous le nom d'Alice Martin de Voos qu'elle a exposé une œuvre au Salon des artistes français de 1888 : Les Mouettes, lac de Genève. C'est sous ce même nom qu'elle a signé les illustrations de quelques ouvrages à la même époque.



La visite du château de Blois m'a permis de découvrir un tableau de ce petit maître flamand, La Mort d'Adonis. C'est l'occasion de se souvenir de ce curieux point de l'histoire de la famille de Jean Genet. Ce rappel est d'autant plus plaisant que la représentation d'Adonis me semble particulièrement homo-érotique, même si cet érotisme "gay" n'est pas celui de Jean Genet.

Notice Wikipédia de Martin de Vos.

vendredi 13 octobre 2017

Félicie Paris, épouse Roger, la première nourrice de Jean Genet

J'ai déjà eu l'occasion de livrer l'état de mes recherches sur la première nourrice de Jean Genet, Félicie Paris, épouse Roger. Vous pouvez y accéder grâce à ce lien : cliquez-ici.

J'ai rédigé une article qui fait la synthèse de toutes les informations que j'ai collectées, dont l’identification de la première maison où a vécu Jean Genet. Il est consultable sur ce site à la page "La première nourrice de Jean Genet". On peut aussi le télécharger sous un format pdf : cliquez-ici.

Lien vers la généalogie complète de Félicie Paris : cliquez-ici.


Bonne lecture

dimanche 29 janvier 2017

Jean Genet en nourrice

La persévérance finit souvent par payer. J'ai enfin identifié de façon certaine la maison où le nourrisson Jean Genet a passé ses premiers mois, de janvier à juillet 1911. Placé en nourrice dès sa naissance, il est confié à Félicie Paris, épouse Roger, qui vivait avec son marie Hilaire Roger et leurs enfants Raymonde (6 ans) et Louis (3 ans) dans le petit village de Santeuil dans l'ancienne Seine-et-Oise, aujourd'hui dans le Val d'Oise.

La maison se situe à l'entrée du village, au début de la rue qui s'appelle maintenant la rue de l’Église. C'était alors la Grande Rue.


C'est la maison au centre de la photo. La famille habitait le 1er étage.


Pour la situer autrement, sur ce plan de 1899, je l'ai indiquée par une flèche.




C'est cette indication, trouvée dans un registre de l'enregistrement des baux qui me permet, en croisant l'information avec les données du cadastre, d'être certain de cette identification.


Hilaire Roger louait donc un logement de 5 pièces au 1er étage de cette maison, pour 250 francs par an. La location débuta au 1er septembre 1910, soit quelques mois avant la naissance de Jean Genet et son placement en nourrice.

Je me tiens à la disposition de ceux qui voudraient plus de détails "techniques" sur cette identification.

Je remets ces vues anciennes du village, sur lesquelles on ne voit malheureusement pas cette maison.



mercredi 4 janvier 2017

Une lettre de la première nourrice de Jean Genet

Pour commencer cette nouvelle année, je vous offre une lettre écrite par la première nourrice de Jean Genet, Félicie Roger, née Paris.



Certes, cette lettre ne concerne pas directement Jean Genet, mais il est toujours émouvant de découvrir la trace de cette femme qui, la première, s'est occupée de Jean Genet. Elle l'a accompagné pendant les 6 premiers mois de sa vie, avant qu'elle soit amené à le restituer à sa mère, Camille Genet, qui a dû ensuite le confier à l'Assistance Publique.

J'espère pouvoir terminer cette année le travail biographique que j'ai entamé sur Félicie Roger.

jeudi 8 décembre 2016

Une sympathique reconnaissance de mon travail

Dans le dernier numéro de La Revue française de Généalogie, un encart m'a fait très plaisir, d'autant plus que je ne m'y attendais pas.



A défaut d'avoir attiré l'attention des spécialistes de Jean Genet, que mes recherches ont l'air de laisser complétement indifférents, je suis heureux de voir que mon travail est reconnu.

Je remercie Pierre-Valéry Archassal, ainsi que La Revue française de Généalogie, revue que je recommande aux passionnés de généalogie.


dimanche 3 juillet 2016

Rapprochement troublant

Martin Van Maele est le beau-frère de Camille Genet, la mère de Jean Genet. Il est passé à la postérité comme illustrateur plus particulièrement spécialisé dans les ouvrages érotiques. Or, parmi sa production, un titre présente un rapprochement troublant avec son histoire personnelle : Camille et moi, étrange par le thème de l'ouvrage, par son illustration et par les coïncidences que l'on peut y trouver.


Comme on le voit sur la page de titre, l'ouvrage a paru dans la collection « La Flagellation à travers le Monde ». L'auteur affiché est Jean de Villiot, Martine Van Maele contribuant pour l'illustration en  fournissant 20 aquarelles, dont celle reproduite ci-dessus.


Il a été publié en 1904, par Charles Carrington, un libraire spécialisé dans les ouvrages érotiques, avec visiblement un intérêt tout particulier pour la flagellation (voir la notice Wikipédia : cliquez-ici).

Ce qui n'est pas dit est que cet ouvrage est la traduction d'un livre anglais Frank and I, ouvrage anonyme paru en 1902. Quant à l'histoire, la préface nous en dit le principal :
Gentleman superbement renté, en possession de satisfaire tous ses caprices, habitant seul un vieux manoir où de nombreux domestiques le servent comme on servait autrefois, il cueille un jour sur la route, au retour d'une partie de chasse, un délicieux petit vagabond.
Le beau gamin est couvert de poussière, il est las, mais ses vêtements trahissent une condition qui rend son escapade mystérieuse ; ses gestes sont empreints d'une élégance rare, sa voix est charmante, ses yeux doux et profonds.
Le gentleman a bon cœur. Il hospitalise l'enfant. Il le réconforte, l'habille, le nourrit, le garde. Il l'élève, l'instruit... le fouette. Oh! très correctement, très pédagogiquement. Nul émoi n'agite son cœur solide et ses sens très normaux au conspect de la tendre chair qu'il dénude... jusqu'au jour où, sous les coups donnés plus sévèrement que de coutume, le gamin, qui se remue avec désespoir, laisse apercevoir son... secret.
Camille – nom bisexuel – était un prénom féminin.
Et la scène change étonnamment.
Le fouet donné par devoir sera donné par passion, toujours correctement, toujours avec de sérieux motifs, mais aussi avec une joie de plus en plus intense, à mesure que la fille, sous son déguisement garçonnier, conservé par crainte du scandale, s'affirme la femme délicieuse qu'elle est en train de devenir.

Les points de coïncidence sont
- le prénom de l'enfant qui s'avère être une fille, Camille, comme Camille Genet.
- l'âge du « jeune garçon » qui est de 15 ans au moment de la rencontre, âge de Camille Genet en 1903.
- sa situation au moment de la rencontre, orphelin de père et de mère, comme Camille Genet en octobre 1904.
- la différence d'âge entre le narrateur et l'enfant, même si elle était plus importante entre Martin Van Maele et Camille Genet (25 ans) qu'entre le narrateur et son/sa protégé (15 ans).
- et enfin la date de parution, 1904, qui est la date où Martin Van Maele et son épouse Marie Genet ont peut-être pris en charge la petite sœur orpheline de Marie Genet.


Après avoir dit cela, en conclure que cet ouvrage comporte des aspects autobiographiques de la vie de Martin Van Maele et Camille Genet serait donné trop de signification à ce qui ne sont peut-être que de simples coïncidences. Néanmoins, découvrir que Martin Van Maele a illustré un ouvrage qui s'appelle Camille et moi est pour le moins troublant, surtout lorsqu'on pense qu'il a fallu trouver un prénom francisé pour traduire le Frank de l'édition originale. Si on avait voulu un prénom « bisexuel », pour reprendre le terme de la préface, pourquoi ne pas choisir Claude ou Dominique. Non, ils ont préféré Camille... Je dis « ils » car il s'agit d'un travail collectif. Selon Pia, Jean de Villot est le pseudonyme collectif de Hugues Rebell, Hector France et Charles Carrington. Martin Van Maele, qui avait déjà collaboré avec cet « auteur », était peut-être englobé dans ce pseudonyme collectif.

Signature de Martin Van Maele

vendredi 17 juin 2016

Une brique de plus dans l'histoire de la vie de la mère de Jean Genet.

Tout le monde connaît le principe de la nouvelle d'Edgar Poe, La lettre volée. Ce que l'on cherche et que l'on croit bien caché se trouve peut-être devant vous. Pour ceux qui se demandaient où vivait la mère de Jean Genet avant qu'elle vienne à Paris accoucher à l'hôpital Tarnier, l'information se trouvait sous les yeux de tous lors de l'exposition du MUCEM, "Jean Genet, l'échappée belle".

Dans une des vitrines, se trouvait la page de garde du dossier de secours créé suite à la première demande de Camille Genet en février 1911. Ce document a déjà été exploité par Albert Dichy et Pascal Fouché dans leur ouvrage Jean Genet, matricule 192.102. Il était exposé à la vue de tous. Il est reproduit dans le catalogue, où je l'ai photographié.

Que voit-on ?



Dans la rubrique : "Domicile actuel de la mère", on voit qu'elle  vivait depuis 6 mois au 1 rue Broca, à l'hôtel, ce qui a déjà été publié. Dans la rubrique : "Domiciles antérieurs remontant au moins à un jour.  Durée de séjour à chaque domicile.", on lit cette simple mention : "Varennes". Certes, de façon brute, cette information est difficilement interprétable. Il y a de nombreux lieux s'appelant Varennes en France. On compte pas moins de 33 communes contenant Varennes dans leur nom, dont 8 qui s'appellent simplement Varennes. En revanche, lorsqu'on sait qu'en 1910, Marie Genet, sœur de Camille Genet (la demi-sœur, pour être précis) et son mari Maurice Martin (connu sous le nom de Martin Van Maele) vivaient depuis 1904 à Varennes, en Seine-et-Oise, on peut conclure sans grand risque d'erreur que Camille Genet vivait à Varennes auprès de sa sœur et de son beau-frère. Dans quelle condition ? Cela reste à déterminer. Vivait-elle chez eux depuis le décès de sa mère en 1904 ? Mais, on ne la trouve pas recensée avec eux en 1906. Vivait-elle proche d'eux, travaillant déjà comme lingère ? Cela reste à déterminer.

La commune de Varennes en Seine-et-Oise  s'appelle maintenant Varennes-Jarcy, dans l'Essonne.

Peu à peu, par cette simple mention, une brique de plus dans l'histoire de la mère de Jean Genet se met en place.

Maison où vivait Maurice Martin et Marie Genet de 1904 à 1926 à Varennes-Jarcy.

La morale de l'histoire : " Quand les informations sont visibles par tous, encore faut-il les voir."

vendredi 3 juin 2016

Quand un simple mandat renvoie à l'histoire des origines de Jean Genet



En ce mois d'août 1910, Philibert Genet signe un mandat à Lyon. Son activité de fabrication de cartons bitumés pour toiture est en pleine expansion. Il vient d'acquérir de nouveaux terrains à Lyon pour y construire une maison et des entrepôts. Au même moment, sa plus jeune sœur (demi-sœur pour être précis), Camille Genet est enceinte. Quelques mois plus tard, elle donnera naissance à Jean Genet, seule, dans une clinique parisienne. Encore quelques mois plus tard, elle sera obligée de l'abandonner. Elle pousse alors ce cri de détresse : « Je suis seule, absolument seule, j'avais un ami qui m'a laissée seule et n'étant pas le père de mon enfant je ne peux rien lui demander. Il me reste en poche 3 f. et quelques sous. »

En trouvant ce mandat sur internet, c'est un peu du mystère de l'histoire familiale de Jean Genet que l'on touche du doigt.

Pour donner quelques éléments (que l'on retrouve dans mon article), Philibert Genet est né en avril 1859, à Virieu-le-Grand (Ain), berceau de la famille. Lorsque la famille se disperse suite à la faillite du père, il habite d'abord Roanne, puis, après son service militaire, il s'installe à Paris en 1881. Lorsque sa dernière sœur Camille naît en 1888 à Lyon, il est lui-même père d'une petite fille depuis quelques mois. En dehors d’éventuels rassemblement de la famille (peut-être à occasion du décès du père en 1892) et de la période 1890-1892 où toute la famille se retrouve à Paris, Philibert Genet et Camille n'ont jamais vécu sous le même toit. Alors que Camille reste vivre avec sa mère Clotilde dans le quartier de la rue de Sèvres à Paris, Philibert vient s'installer à Lyon vers 1897 et fonde une entreprise de fabrication de cartons bitumés pour toitures. Cette activité se développe. Il achète un terrain en 1906, rue des Girondins, à l'angle du quai de la Vitriolerie, dans le 7e arrondissement où il fait construire une maison et des entrepôts. Ils sont représentés sur ce mandat.


La maison et les entrepôts existent encore. On constate que la maison est inchangée depuis cette époque.


Philibert Genet est mort dans cette maison le 5 mai 1935. Il jouissait alors d'une certaine aisance.

dimanche 7 février 2016

Le décès de la grand-mère de Jean Genet : Clotilde Genet

Dans mon histoire familiale de la famille Genet, il me manquait une pièce dans le puzzle : le décès de Clotilde Genet, la grand-mère de Jean Genet. Grâce à l'aide d'un lecteur, j'ai obtenu cette précieuse information.

Clotilde Genet, la grand-mère de Jean Genet, est décédée le 27 septembre 1904 à l'hôpital Notre-Dame de Bon-Secours, situé au 66 rue des Plantes, Paris 14e.


Au moment de son admission à l'hôpital, elle habitait 66 rue de Sèvres, dans le 7e arrondissement. Dans son acte de décès, elle est qualifiée d'épicière. On peut penser que dans les dernières années de sa vie, elle est revenue exercer ce métier qu'elle connaissait, probablement dans une épicerie du quartier de la rue de Sèvres. Cela expliquerait qu'elle ait toujours cherché à habiter dans une des rues de ce quartier : rue Mayet, rue Pierre-Leroux, rue Rousselet et enfin rue de Sèvres.

Le 66 rue de Sèvres, dernier domicile de Clotilde Genet.

Jusqu'à maintenant, nous avions perdu sa trace en 1898, alors qu'elle habitait rue Rousselet. Elle en a peut-être été chassée par la construction d'un nouvel immeuble à l'emplacement du modeste et probablement insalubre bâtiment où elle vivait. Ce nouvel immeuble porte la date de 1905.


L'immeuble de la rue Rousselet, Paris, 7e, construit à l'emplacement 
du domicile de Clotilde Genet en 1898. Il porte la date de 1905.

Au décès de sa mère, Camille Genet a alors 16 ans. Qu'est-elle devenue après ce décès, jusqu'à ce qu'on la retrouve 6 ans plus tard en décembre 1910, lorsqu'elle donne naissance à Jean Genet ? Comme elle est mineure, il y a nécessairement un conseil de famille qui a statué soit sur son émancipation, soit sur la nomination d'un tuteur. Qui peut avoir été son tuteur ? Un de ses frères Gabriel ou Philibert, son beau-frère Maurice Martin ? Cela donnerait un éclairage intéressant sur ses jeunes années de formation et peut-être sur sa situation en 1910. Ce que l'on sait est qu'elle n'est recensée dans aucun des 3 ménages de sa famille restante, soit à Montreuil, soit à Varennes-Jarcy, soit à Lyon. Il est fort probable qu'elle a été placée très jeune pour subvenir à ses besoins et ne pas être à la charge de sa famille.

Façade sur la rue des Plantes de l'Asile et de l'Hôpital Notre-Dame de Bon-Secours
L'hôpital Notre-Dame de Bon-Secours est une institution privée desservie par les religieuses hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Paris, de l'ordre de Saint-Augustin, qui comprend 120 lits, répartis dans 6 salles communes et 18 chambres particulières. L'admission est gratuite pour les indigents. Pour les autres, le prix journalier est de 3 francs en salle et de 6 francs en chambre particulière.
En 1900, le comité de dames patronnesses, qui s'occupe de réunir les ressources nécessaires pour l'entretien de l'hôpital et de l'asile de Notre-Dame de Bon-Secours, est présidé par Mme la marquise de Gontaut-Saint-Blancard et Mme la Baronne Cochin.


samedi 26 septembre 2015

Une nouvelle carte postale, pour illustrer l'ancienne épicerie de François Genet.

Sur cette carte postale de la place de Virieu-le-Grand, que l'on peut dater d’immédiatement postérieure à la première Guerre mondiale (on distingue le monument aux morts), l'ancienne épicerie de François Genet se trouve au centre de la photo.


Détail de la carte, avec la vue de l'épicerie :


On peut se demander si l'enseigne, où le mot "épicerie" est calé à gauche, ne porte pas encore la trace du nom "Genet" qui aurait été effacé. On sait qu’initialement, vers 1880, l'enseigne portait "Epicerie Genet". 
Une trace, fugitive et effacée, de l'histoire de la famille Genet à Virieu-le- Grand, comme un palimpseste.

 

lundi 6 juillet 2015

François Genet à Virieu-le-Grand


Sur cette carte postale de Virieu-le-Grand (Ain), on distingue clairement les deux traces tangibles de l'activité de François Genet (1831-1892), le grand-père de Jean Genet.

Je les ai rapportées sur cette vue.


La première est la carrière que François Genet a créé en 1877, lorsqu'il se lance dans l'activité de fabricant de chaux, activité qui, rappelons-le, le mènera à la faillite.


La deuxième est la maison et l'épicerie qu'il a construites et établies à partir de 1865. Ce fut sa première activité au village. Tout cela sera aussi emporté par la faillite de 1879. C'est la travée de droite de cette petite maison au centre de l'image.


mardi 9 juin 2015

Une couturière, par Fernand Durozé


Cette couturière peinte par Fernand Durozé (1876-1961) évoque immanquablement la famille de Jean Genet. 

Rappelons que Fernand Durozé était le beau-frère de Gabriel Genet (1870-1932), l'oncle de Jean Genet. Sa sœur Gabrielle Durozé (1874-1928), épouse de Gabriel Genet, était couturière. Deux de leurs trois filles étaient couturières : Germaine Genet (1898-1960) et Suzanne Genet (1901-1933), cousines-germaines de Jean Genet. Est-ce que ce tableau représente une d'entre elles ? Nous aurions ainsi une image de proches de Jean Genet.

Pour mieux comprendre les liens familiaux : cliquez-ici.

samedi 9 mai 2015

Quand Jean Genet évoque ses origines... et quelques autres "rapprochements".

Dans son ouvrage considéré comme le plus autobiographique, Le journal du voleur, Jean Genet évoque brièvement ses origines  et poursuit par des développements sur son nom. Écoutons-le lire ce texte :


 
Transcription du texte :
« Je suis né à Paris le 19 décembre 1910. Pupille de l'Assistance Publique, il me fut impossible de connaître autre chose de mon état civil. Quand j'eus vingt et un ans, j'obtins un acte de naissance. Ma mère s'appelait Gabrielle Genet. Mon père reste inconnu. J'étais venu au monde au 22 de la rue d'Assas.
— Je saurai donc quelques renseignements sur mon origine, me dis-je, et je me rendis rue d'Assas. Le 22 était occupé par la Maternité. On refusa de me renseigner. Je fus élevé dans le Morvan par des paysans. Quand je rencontre dans la lande — et singulièrement au crépuscule, au retour de ma visite des ruines de Tiffauges où vécut Gilles de Rais — des fleurs de genêt, j'éprouve à leur égard une sympathie profonde. Je les considère gravement, avec tendresse. Mon trouble semble commandé par toute la nature. Je suis seul au monde, et je ne suis pas sûr de n'être pas le roi — peut-être la fée de ces fleurs. Elles me rendent au passage un hommage, s'inclinent sans s'incliner mais me reconnaissent. Elles savent que je suis leur représentant vivant, mobile, agile, vainqueur du vent. Elles sont mon emblème naturel, mais j'ai des racines, par elles, dans ce sol de France nourri des os en poudre des enfants, des adolescents enfilés, massacrés, brûlés par Gilles de Rais. 
Par cette plante épineuse des Cévennes, c'est aux aventures criminelles de Vacher que je participe. Enfin par elle dont je porte le nom le monde végétal m'est familier. Je peux sans pitié considérer toutes les fleurs, elles sont de ma famille. Si par elles je rejoins aux domaines inférieurs — mais c'est aux fougères arborescentes et à leurs marécages, aux algues, que je voudrais descendre — je m'éloigne encore des hommes. »

Assez curieusement, Jean Genet a retenu Gabrielle comme prénom pour sa mère, le deuxième qu'elle portait dans l'état civil. Pourtant, dans son acte de naissance, auquel il fait référence, apparaissent clairement les deux prénoms dans l'ordre : Camille Gabrielle. Ce qu'il ne pouvait pas savoir de façon certaine est que le prénom d'usage était Camille.

Autre résonance dans ce texte, l'allusion à Joseph Vacher. Cet assassin, considéré comme un des premiers tueurs en série français a croisé - si j'ose dire - par deux fois le chemin de la famille de Genet. La première fois est par le théâtre de ses méfaits, de ses « aventures criminelles », celles-là mêmes qui l'ont fait connaître à Jean Genet. Né en Isère, celui qui est passé à la postérité comme le « tueur des bergers » ou le « Jack-l'Éventreur du Sud-Est » a commis un de ses crimes à Bénonces dans l'Ain à quelques kilomètres de Virieu-le-Grand, la patrie des ancêtres de Jean Genet. C'est un juge de Belley qui fera le lien avec Vacher. Il sera condamné à mort par la cour d'assises de l'Ain et exécuté à Bourg-en-Bresse le 31 mars 1898. (notice Wikipédia : cliquez-ici et sur le site www.tueursenserie.org : cliquez-ici)


https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/66/Joseph_Vacher.jpg

L'autre point qui rapproche Joseph Vacher de l'histoire personnelle de la famille de Jean Genet est cette eau-forte qui figure dans une des œuvres érotiques majeures de Martin Van Maele : La Grande Danse Macabre des Vifs, publiée en 4 livraisons (« dixains ») vers 1905. Elle représente Joseph Vacher, après commis un de ses crimes. Rappelons que Martin Van Maele était l'oncle de Jean Genet, par son mariage avec Marie Genet, la demi-sœur de Camille Genet, sa mère.


Cette gravure est dédicacée à Fernand Durozé. Entre l’auteur et le dédicataire, c’est le réseau familial de Camille Genet, la mère de Jean, qui est ainsi matérialisé. L’un est son beau-frère et l’autre le beau-frère de son frère Gabriel. Par son thème et son traitement, cette gravure éclaire d’un jour troublant l’univers qu'a côtoyé Camille au sein de son milieu familial. Entre 1890 et 1895, soit de l’âge de 2 ans à 7 ans, elle a probablement vécu sous le même toit que Martin Van Maele.



Pour finir, et toujours sur les meurtriers qui semblent avoir un moment fasciné Jean Genet, le premier tueur en série identifié comme tel en France n'est pas sans lien, même très indirectement, avec lui. Martin Dumollard, né le 21 avril 1810 à Tramoyes dans l'Ain en France, est mort guillotiné le 8 mars 1862 à Montluel également dans l'Ain. C'est un journalier qui a agressé et assassiné des domestiques lyonnaises (voir : Martin Dumollard). Il y a ce lien, certes tenu, d'une même origine de l'Ain.


lundi 27 avril 2015

Un article dans Le Progrès

Dans l'édition dominicale du Progrès (27 avril), le journal qui couvre la région Rhônes-Alpes, dans les pages particulièrement consacrées au Bugey, un article (le premier pour moi dans la presse) relate mes recherches et découvertes. D'un contact établi avec Patrice Touchet, fondateur d'une association de mise en valeur du patrimoine locale, Sous les Lauzes, s'en est suivi des échanges, en particulier avec le correspondant local du journal, Georges Guy. Je vous laisse découvrir l'article, bon résumé de mes découvertes sur les ancêtres de Jean Genet, en particulier son grand-père François Genet, à Virieu-le-Grand (Ain).


Merci pour cet article.

mercredi 8 avril 2015

Un domicile de Philibert Genet, oncle de Jean Genet

Une promenade dominicale a été l'occasion de photographier l'immeuble du 163 de l'avenue de Clichy (Paris - XVIIe arr.), à l'angle de la rue Bernard Buffet.
Dans cet immeuble, a vécu Philibert Genet, l'oncle de Jean Genet.


C'est la première adresse connue de Philibert Genet à Paris. La première mention est le 12 février 1883. Ce jour, devant Me Sabot, notaire à Paris, avec sa sœur Marie François Genet, il donne procuration à Louis Charles, dit Quioz, propriétaire, cultivateur, Virieu-le-Grand pour vendre tous les biens qu'ils possèdent sur la commune de Virieu-le-Grand. Il est alors employé à l'économat du chemin de fer de l'Ouest et domicilié à cette adresse. Quelques mois plus tard, devant le même Me Sabot, les 26 et 17 juin 1883, il donne quittance, avec sa sœur, au même Louis Charles, dit Quioz, propriétaire, cultivateur, Virieu-le-Grand, pour avoir tout reçu en billets et en numéraires de ce qu'il leur devait aux termes du mandat dont il était chargé. A ce moment, il habite 63 rue Pouchet, toujours dans le XVIIe, mais sa « ci-devant » adresse est le 163 avenue de Clichy.

dimanche 22 mars 2015

La maison de Martin Van Maele à Varennes-Jarcy

Maurice Martin, dit Martin Van Maele (1863-1926), célèbre illustrateur érotique du début du XXe siècle, était l'oncle par alliance de Jean Genet, par son mariage avec Marie Françoise Genet (1861-1939), la demi-sœur de Camille Genet, la mère de l'écrivain.

Dans le cadre des mes recherches, j'ai identifié la maison qu'ils ont occupé à Varennes-Jarcy (Essonne) de juillet 1904 jusqu'à la mort de Maurice Martin en septembre 1926. Pour ceux que cela intéresse, j'ai rédigé un article sur la démarche mise en œuvre pour identifier la maison, puis, à travers les différents recensements de 1906 à 1926, vérifier que le couple Maurice Martin/Marie Genet a toujours vécu dans cette même maison (cliquez-ici).

On peut imaginer, sous réserve de connaître les liens maintenus entre Camille Genet et sa demi-sœur et son beau-frère, que la mère de Jean Genet a peut-être eu l'occasion de venir dans cette maison.

Lors de mon passage à Varennes-Jarcy en juin 2014, j'ai pu la photographier :



Je viens d'apprendre qu'elle est en vente. Je mets le lien vers l'annonce (lien éphémère !) : cliquez-ici

C'est surtout l'occasion de disposer d'autres vues de l'extérieur, du jardin et de l'intérieur. Rénovée en 2011, intérieurement, on n'y trouve plus rien de ce qui aurait pu être l'esprit de la maison du temps de Maurice Martin. En revanche, l'aspect général extérieur de la maison et le jardin doivent avoir gardé quelque chose de ce qu'il a connu.

Façade sur la rue de Mandres

Façade sur le jardin

Le jardin :


Le puits qui est cité dans le bail (voir ci-dessous)

L'annonce décrit la maison avec 10 pièces. Du temps de Martin Van Maele, elle est décrite avec 9 pièces (extrait du bail du 4 juin 1904) :
Grand bâtiment d'habitation élevé sur caves, d'un rez-de-chaussée divisé en 2 cuisines, 2 salles à manger, 2 salons et couloirs, d'un premier étage divisé en 5 chambres et un cabinet de toilette et d'un grenier au-dessus.
Fournil, grange et poulailler à côté.
Grande cour devant, jardin planté d'arbres fruitiers derrière, dans lequel puits avec pompe.

samedi 14 mars 2015

L'épicerie de François Genet, le grand-père de Jean Genet

Comme j'ai pu le découvrir lors des mes recherches sur les ancêtres de Jean Genet, son grand-père, François Genet (1831-1892) a créé une épicerie à Virieu-le-Grand. Après l'achat d'une grange dans le bas du village, il a construit une petite maison dont le rez-de-chaussé était occupé par une épicerie. Pour connaître mieux l'histoire de cette épicerie, reportez-vous à l'article que je consacre à la famille de Jean Genet.

J'ai ainsi entrepris de rassembler des cartes postales anciennes où l'on voit cette épicerie. C'est cette série que je présente aujourd'hui.

La première carte postale connue, datable vers 1906. On y repère l'épicerie, construite sur une seule travée, avec sa fenêtre mansardée qui s'est conservée jusqu'à nos jours :



Cette deuxième carte est probablement contemporaine de la précédente et présente de très nombreuses similitudes, même dans les détails.Une seule différence, la statue devant la croix que l'on ne trouve pas dans la carte précédente. Si les deux petits garçons devant l'épicerie sont les fils des propriétaires, Claude Clerc, né en 1900 et Charles Clerc, né en 1903, on peut dater la carte postale vers 1906, si on leur donne 6 ans et 3 ans.

Cette carte postale est un peu plus tardive. Elle est datable au plus tôt de 1911, mais probablement antérieure à la guerre et dans tous les cas antérieure à la construction du monument au morts.

Carte postale postérieure à la première guerre mondiale (on distingue le monument aux morts). On remarque une voiture à cheval à droite. L'ancienne épicerie de François Genet est au centre de la photo.

Carte postale avec le monument aux morts. Vers 1925 ?

Carte postale dont le style graphique peut laisser penser qu'il s'agit d'une vue des années 1930.

Proposition de datation : début des année 1960. On distingue encore l'inscription "Épicerie" sur la façade.

Proposition de datation : fin des années 1960. Malgré la présence de la traction avant, les modèles de voiture sont plus récents que sur la carte précédente. Elle est ainsi postérieure à la précédente, sans que je puisse la dater plus précisément, avec les éléments que j'ai.

Proposition de datation : fin des années 1970.

Proposition de datation : fin des années 1970. Avec les éléments que j'ai, il ne me semble pas possible de la situer avant ou après la précédente.

Vue actuelle sur le site de la commune.