mardi 9 juin 2015

Une couturière, par Fernand Durozé


Cette couturière peinte par Fernand Durozé (1876-1961) évoque immanquablement la famille de Jean Genet. 

Rappelons que Fernand Durozé était le beau-frère de Gabriel Genet (1870-1932), l'oncle de Jean Genet. Sa sœur Gabrielle Durozé (1874-1928), épouse de Gabriel Genet, était couturière. Deux de leurs trois filles étaient couturières : Germaine Genet (1898-1960) et Suzanne Genet (1901-1933), cousines-germaines de Jean Genet. Est-ce que ce tableau représente une d'entre elles ? Nous aurions ainsi une image de proches de Jean Genet.

Pour mieux comprendre les liens familiaux : cliquez-ici.

samedi 9 mai 2015

Quand Jean Genet évoque ses origines... et quelques autres "rapprochements".

Dans son ouvrage considéré comme le plus autobiographique, Le journal du voleur, Jean Genet évoque brièvement ses origines  et poursuit par des développements sur son nom. Écoutons-le lire ce texte :


 
Transcription du texte :
« Je suis né à Paris le 19 décembre 1910. Pupille de l'Assistance Publique, il me fut impossible de connaître autre chose de mon état civil. Quand j'eus vingt et un ans, j'obtins un acte de naissance. Ma mère s'appelait Gabrielle Genet. Mon père reste inconnu. J'étais venu au monde au 22 de la rue d'Assas.
— Je saurai donc quelques renseignements sur mon origine, me dis-je, et je me rendis rue d'Assas. Le 22 était occupé par la Maternité. On refusa de me renseigner. Je fus élevé dans le Morvan par des paysans. Quand je rencontre dans la lande — et singulièrement au crépuscule, au retour de ma visite des ruines de Tiffauges où vécut Gilles de Rais — des fleurs de genêt, j'éprouve à leur égard une sympathie profonde. Je les considère gravement, avec tendresse. Mon trouble semble commandé par toute la nature. Je suis seul au monde, et je ne suis pas sûr de n'être pas le roi — peut-être la fée de ces fleurs. Elles me rendent au passage un hommage, s'inclinent sans s'incliner mais me reconnaissent. Elles savent que je suis leur représentant vivant, mobile, agile, vainqueur du vent. Elles sont mon emblème naturel, mais j'ai des racines, par elles, dans ce sol de France nourri des os en poudre des enfants, des adolescents enfilés, massacrés, brûlés par Gilles de Rais. 
Par cette plante épineuse des Cévennes, c'est aux aventures criminelles de Vacher que je participe. Enfin par elle dont je porte le nom le monde végétal m'est familier. Je peux sans pitié considérer toutes les fleurs, elles sont de ma famille. Si par elles je rejoins aux domaines inférieurs — mais c'est aux fougères arborescentes et à leurs marécages, aux algues, que je voudrais descendre — je m'éloigne encore des hommes. »

Assez curieusement, Jean Genet a retenu Gabrielle comme prénom pour sa mère, le deuxième qu'elle portait dans l'état civil. Pourtant, dans son acte de naissance, auquel il fait référence, apparaissent clairement les deux prénoms dans l'ordre : Camille Gabrielle. Ce qu'il ne pouvait pas savoir de façon certaine est que le prénom d'usage était Camille.

Autre résonance dans ce texte, l'allusion à Joseph Vacher. Cet assassin, considéré comme un des premiers tueurs en série français a croisé - si j'ose dire - par deux fois le chemin de la famille de Genet. La première fois est par le théâtre de ses méfaits, de ses « aventures criminelles », celles-là mêmes qui l'ont fait connaître à Jean Genet. Né en Isère, celui qui est passé à la postérité comme le « tueur des bergers » ou le « Jack-l'Éventreur du Sud-Est » a commis un de ses crimes à Bénonces dans l'Ain à quelques kilomètres de Virieu-le-Grand, la patrie des ancêtres de Jean Genet. C'est un juge de Belley qui fera le lien avec Vacher. Il sera condamné à mort par la cour d'assises de l'Ain et exécuté à Bourg-en-Bresse le 31 mars 1898. (notice Wikipédia : cliquez-ici et sur le site www.tueursenserie.org : cliquez-ici)


https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/66/Joseph_Vacher.jpg

L'autre point qui rapproche Joseph Vacher de l'histoire personnelle de la famille de Jean Genet est cette eau-forte qui figure dans une des œuvres érotiques majeures de Martin Van Maele : La Grande Danse Macabre des Vifs, publiée en 4 livraisons (« dixains ») vers 1905. Elle représente Joseph Vacher, après commis un de ses crimes. Rappelons que Martin Van Maele était l'oncle de Jean Genet, par son mariage avec Marie Genet, la demi-sœur de Camille Genet, sa mère.


Cette gravure est dédicacée à Fernand Durozé. Entre l’auteur et le dédicataire, c’est le réseau familial de Camille Genet, la mère de Jean, qui est ainsi matérialisé. L’un est son beau-frère et l’autre le beau-frère de son frère Gabriel. Par son thème et son traitement, cette gravure éclaire d’un jour troublant l’univers qu'a côtoyé Camille au sein de son milieu familial. Entre 1890 et 1895, soit de l’âge de 2 ans à 7 ans, elle a probablement vécu sous le même toit que Martin Van Maele.



Pour finir, et toujours sur les meurtriers qui semblent avoir un moment fasciné Jean Genet, le premier tueur en série identifié comme tel en France n'est pas sans lien, même très indirectement, avec lui. Martin Dumollard, né le 21 avril 1810 à Tramoyes dans l'Ain en France, est mort guillotiné le 8 mars 1862 à Montluel également dans l'Ain. C'est un journalier qui a agressé et assassiné des domestiques lyonnaises (voir : Martin Dumollard). Il y a ce lien, certes tenu, d'une même origine de l'Ain.


lundi 27 avril 2015

Un article dans Le Progrès

Dans l'édition dominicale du Progrès (27 avril), le journal qui couvre la région Rhônes-Alpes, dans les pages particulièrement consacrées au Bugey, un article (le premier pour moi dans la presse) relate mes recherches et découvertes. D'un contact établi avec Patrice Touchet, fondateur d'une association de mise en valeur du patrimoine locale, Sous les Lauzes, s'en est suivi des échanges, en particulier avec le correspondant local du journal, Georges Guy. Je vous laisse découvrir l'article, bon résumé de mes découvertes sur les ancêtres de Jean Genet, en particulier son grand-père François Genet, à Virieu-le-Grand (Ain).


Merci pour cet article.

mercredi 8 avril 2015

Un domicile de Philibert Genet, oncle de Jean Genet

Une promenade dominicale a été l'occasion de photographier l'immeuble du 163 de l'avenue de Clichy (Paris - XVIIe arr.), à l'angle de la rue Bernard Buffet.
Dans cet immeuble, a vécu Philibert Genet, l'oncle de Jean Genet.


C'est la première adresse connue de Philibert Genet à Paris. La première mention est le 12 février 1883. Ce jour, devant Me Sabot, notaire à Paris, avec sa sœur Marie François Genet, il donne procuration à Louis Charles, dit Quioz, propriétaire, cultivateur, Virieu-le-Grand pour vendre tous les biens qu'ils possèdent sur la commune de Virieu-le-Grand. Il est alors employé à l'économat du chemin de fer de l'Ouest et domicilié à cette adresse. Quelques mois plus tard, devant le même Me Sabot, les 26 et 17 juin 1883, il donne quittance, avec sa sœur, au même Louis Charles, dit Quioz, propriétaire, cultivateur, Virieu-le-Grand, pour avoir tout reçu en billets et en numéraires de ce qu'il leur devait aux termes du mandat dont il était chargé. A ce moment, il habite 63 rue Pouchet, toujours dans le XVIIe, mais sa « ci-devant » adresse est le 163 avenue de Clichy.

dimanche 22 mars 2015

La maison de Martin Van Maele à Varennes-Jarcy

Maurice Martin, dit Martin Van Maele (1863-1926), célèbre illustrateur érotique du début du XXe siècle, était l'oncle par alliance de Jean Genet, par son mariage avec Marie Françoise Genet (1861-1939), la demi-sœur de Camille Genet, la mère de l'écrivain.

Dans le cadre des mes recherches, j'ai identifié la maison qu'ils ont occupé à Varennes-Jarcy (Essonne) de juillet 1904 jusqu'à la mort de Maurice Martin en septembre 1926. Pour ceux que cela intéresse, j'ai rédigé un article sur la démarche mise en œuvre pour identifier la maison, puis, à travers les différents recensements de 1906 à 1926, vérifier que le couple Maurice Martin/Marie Genet a toujours vécu dans cette même maison (cliquez-ici).

On peut imaginer, sous réserve de connaître les liens maintenus entre Camille Genet et sa demi-sœur et son beau-frère, que la mère de Jean Genet a peut-être eu l'occasion de venir dans cette maison.

Lors de mon passage à Varennes-Jarcy en juin 2014, j'ai pu la photographier :



Je viens d'apprendre qu'elle est en vente. Je mets le lien vers l'annonce (lien éphémère !) : cliquez-ici

C'est surtout l'occasion de disposer d'autres vues de l'extérieur, du jardin et de l'intérieur. Rénovée en 2011, intérieurement, on n'y trouve plus rien de ce qui aurait pu être l'esprit de la maison du temps de Maurice Martin. En revanche, l'aspect général extérieur de la maison et le jardin doivent avoir gardé quelque chose de ce qu'il a connu.

Façade sur la rue de Mandres

Façade sur le jardin

Le jardin :


Le puits qui est cité dans le bail (voir ci-dessous)

L'annonce décrit la maison avec 10 pièces. Du temps de Martin Van Maele, elle est décrite avec 9 pièces (extrait du bail du 4 juin 1904) :
Grand bâtiment d'habitation élevé sur caves, d'un rez-de-chaussée divisé en 2 cuisines, 2 salles à manger, 2 salons et couloirs, d'un premier étage divisé en 5 chambres et un cabinet de toilette et d'un grenier au-dessus.
Fournil, grange et poulailler à côté.
Grande cour devant, jardin planté d'arbres fruitiers derrière, dans lequel puits avec pompe.

samedi 14 mars 2015

L'épicerie de François Genet, le grand-père de Jean Genet

Comme j'ai pu le découvrir lors des mes recherches sur les ancêtres de Jean Genet, son grand-père, François Genet (1831-1892) a créé une épicerie à Virieu-le-Grand. Après l'achat d'une grange dans le bas du village, il a construit une petite maison dont le rez-de-chaussé était occupé par une épicerie. Pour connaître mieux l'histoire de cette épicerie, reportez-vous à l'article que je consacre à la famille de Jean Genet.

J'ai ainsi entrepris de rassembler des cartes postales anciennes où l'on voit cette épicerie. C'est cette série que je présente aujourd'hui.

La première carte postale connue, datable vers 1906. On y repère l'épicerie, construite sur une seule travée, avec sa fenêtre mansardée qui s'est conservée jusqu'à nos jours :



Cette deuxième carte est probablement contemporaine de la précédente et présente de très nombreuses similitudes, même dans les détails.Une seule différence, la statue devant la croix que l'on ne trouve pas dans la carte précédente. Si les deux petits garçons devant l'épicerie sont les fils des propriétaires, Claude Clerc, né en 1900 et Charles Clerc, né en 1903, on peut dater la carte postale vers 1906, si on leur donne 6 ans et 3 ans.

Cette carte postale est un peu plus tardive. Elle est datable au plus tôt de 1911, mais probablement antérieure à la guerre et dans tous les cas antérieure à la construction du monument au morts.

Carte postale postérieure à la première guerre mondiale (on distingue le monument aux morts). On remarque une voiture à cheval à droite. L'ancienne épicerie de François Genet est au centre de la photo.

Carte postale avec le monument aux morts. Vers 1925 ?

Carte postale dont le style graphique peut laisser penser qu'il s'agit d'une vue des années 1930.

Proposition de datation : début des année 1960. On distingue encore l'inscription "Épicerie" sur la façade.

Proposition de datation : fin des années 1960. Malgré la présence de la traction avant, les modèles de voiture sont plus récents que sur la carte précédente. Elle est ainsi postérieure à la précédente, sans que je puisse la dater plus précisément, avec les éléments que j'ai.

Proposition de datation : fin des années 1970.

Proposition de datation : fin des années 1970. Avec les éléments que j'ai, il ne me semble pas possible de la situer avant ou après la précédente.

Vue actuelle sur le site de la commune.

jeudi 26 février 2015

La plus ancienne trace d'un ancêtre de Jean Genet


Cet acte est, pour le moment, la plus ancienne trace concernant un ancêtre de Jean Genet :



Il s'agit de l'acte de baptême de Barthélemy Genet, baptisé à Cuzieu, dans l'Ain, le 6 janvier 1686. Il est le fils de Jean Benoit Genet et d'une certaine Claudine dont le nom de famille est difficilement déchiffrable. Son parrain est un autre Barthélemy Genet et sa marraine Claudine Gros, si ma lecture est exacte. Hors la signature du curé, personne n'a signé. Il s'agit de l'arrière-grand-père de l'arrière-grand-père de Jean Genet. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec la lecture de ces écritures, la transcription est : "Le sixieme janvier mil six cents huitante six a esté baptisé Barthelemy fils de Jean benoit (?) Genet et de Claudine Michaud maries de fesne et a esté parrain Barthelemy Genet et marraine Claudine Vion de Pugieu tous deux illettres enquis".

Lorsque je vois cet acte, je repense toujours à ces quelques mots d'Edmund White au début de la biographie de Jean Genet, à propos de François Genet, le grand-père : "François Genet vagabonde sans doute, manœuvre sans terres, ni métier, ni attaches particulières". Cela conforte certains d'imaginer les ancêtres de Jean Genet comme lui, un éternel vagabond. En définitive, Jean Genet plonge ses racines dans le petit peuple des campagnes françaises, en l'occurrence dans le Bugey, ce qui ne le différencie guère de beaucoup de Français.